La décision est inédite mais « lorsqu’un risque de trouble à l’ordre public est avéré, un refus d’entrée peut être opposé, fût-ce à titre conservatoire. C’est le cas en l’espèce » a expliqué dans un courrier à la députée LFI, la présidente de l’Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet précise que cette interdiction est « proportionnée, notamment en la limitant à certains immeubles affectés à l’Assemblée nationale, en particulier à proximité de l’hémicycle ». Il est reproché à Ritchy Thibault des propos polémiques tenus lors d’une manifestation pro-palestinienne début octobre. L’ancien gilet jaune avait alors déclaré que « le seul chemin dans les rues de Paris, c’est l’intifada », un mot arabe qui signifie soulèvement et qui avait été utilisé lors des révoltes palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza en décembre 1987 et en septembre 2000. Sans condamner les propos, le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard avait ensuite pris ses distances. La députée Soudais qui conteste la décision a dénoncé « une ingérence gravissime dans un cabinet parlementaire d’opposition ». Les avocats du collaborateur parlementaire ont annoncé qu’ils allaient mettre en œuvre « toutes les voies de contestation possibles pour dénoncer ce dangereux précédent ».
Le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau a également déposé plainte contre Ritchy Thibault pour « injure publique » pour avoir qualifié les policiers « d’enfants de Pétain » à la suite d’un article d’Europe 1 qui signalait qu’il était fiché par la police. ■